Cinémathèque de Tanger

Edito

JE SUIS UNE FEMME, POURQUOI PAS VOUS ?

 

« Là où les femmes sont libres, les peuples sont libres. Là où les femmes sont maudites, les peuples sont sauvages. C’est clair, net et précis pour moi. Je ne suis pas féministe parce que ça fait bien. Je suis féministe parce que ma liberté passe par la liberté des femmes. »

Kamal Daoud, dans Enquête au paradis, un film de Merzak Allouache.

 

Une révolution du regard(1)

Pendant longtemps, dans la plupart des pays du monde, et les pays arabes ne font pas exception, la place des femmes a été devant la caméra, comme objets de désir du regard masculin, comme « chair à caméra », et non pas derrière.

« Il faut que le cinéma aille plus vite que les moeurs, que les femmes inventent leur propre futur, en modifiant leur propre représentation », souligne Agnès Varda.

Films-manifestes, films-cris, films-espoir, expérimentaux, documentaires ou de fiction, … Les femmes donnent forme aux images d’oppression pour s’en affranchir et rêvent des images utopiques pour les réaliser. Elles se dégagent des figures sexistes stéréotypées et proposent une démarche politique d’auto-représentation, créent des images qui leur sont propres et non pas imposées par un modèle masculin.

 

La caméra : puissant outil de contre-pouvoir

Depuis plusieurs années les jeunes (et moins jeunes) femmes du monde arabe se saisissent de cet outil et poursuivent l’oeuvre des pionnières(2), notamment des années 60 et 70.

Cette extraordinaire vitalité bouleverse l’image des femmes dans les sociétés arabes face à l’immobilisme des traditions, des violences de tous ordres, du poids de l’inégalité sociale et culturelle.
Nous avons voulu montrer à travers les 12 films qui émaillent Arabiyat le sillon déjà creusé, et inciter les jeunes (et moins jeunes) femmes à se saisir de ce merveilleux outil.

 

Le chemin est encore long

Partout dans le monde arabe(3), des initiatives naissent ou grandissent qui font émerger la question du changement radical du statut des femmes dans la société.

Une année. Nous consacrons une année aux projections, aux rencontres et aux débats qui abordent ces questions cruciales, les rendent visibles et audibles dans l’espace public.

 

Cinémathèque de Tanger

 

 

1 – Colloque organisé par Hélène Fleckinger avec le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir au Forum des images, Paris, 2010.
2- Aziza Amir a réalisé son premier long métrage fiction, Leila, en Egypte en 1927.
3- Membres du réseau NAAS (Network of Arab Alternative Screens)